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Le mythe de la pensée positive

Une pensée est une représentation mentale qui peut inclure des idées, des croyances, des jugements, des réflexions ou des souvenirs. Elle peut être volontaire (par exemple, lorsque vous réfléchissez à une question spécifique) ou involontaire (comme lorsque des pensées surgissent spontanément).

Nous avons plusieurs types de pensées :

   – Pensées rationnelles : Basées sur la logique et l’analyse, elles aident à résoudre des problèmes et à prendre des décisions.

   – Pensées émotionnelles : Influencées par les émotions, elles peuvent colorer la perception et la réaction à des situations.

   – Pensées automatiques : Des pensées qui surgissent rapidement, souvent sans réflexion consciente, et qui peuvent être influencées par des croyances ou des expériences passées.

   – Pensées critiques : Impliquent une évaluation et une analyse approfondies des informations, souvent utilisées pour prendre des décisions éclairées.

Comment fonctionnent les pensées ?

Les pensées sont le résultat de processus cognitifs, qui incluent la Perception (la manière dont nous percevons notre environnement influence nos pensées. Nos sens recueillent des informations qui sont ensuite interprétées par notre cerveau), la Mémoire (nos souvenirs et notre expérience passée influencent notre façon de penser. Les souvenirs sont souvent rappelés pour aider à comprendre les situations présentes), l’Attention (elle joue un rôle crucial dans la formation des pensées. Nous avons tendance à nous concentrer sur des informations qui nous semblent pertinentes ou intéressantes).

Les pensées peuvent être interconnectées. Par exemple, une pensée peut en déclencher une autre en raison d’associations que nous avons faites dans notre esprit. Cela peut mener à des enchaînements de pensées, qui peuvent être productifs ou, au contraire, conduire à des ruminations négatives.

Les émotions jouent un rôle central dans les pensées. Des émotions intenses, comme la peur ou la colère, peuvent influencer la façon dont nous interprétons des situations et créer des schémas de pensée spécifiques.

Certaines pensées sont le résultat d’un processus conscient, où nous réfléchissons activement à une situation, tandis que d’autres se produisent de manière inconsciente, influençant notre comportement sans que nous en soyons pleinement conscients.

Les pensées sont des éléments essentiels de notre expérience humaine, influençant notre comportement, nos émotions et nos interactions. Comprendre comment elles fonctionnent peut nous aider à mieux gérer nos processus mentaux, à prendre des décisions éclairées.

Pourquoi la pensée positive est un mythe ?

Comme l’expose Elios Kotsou[1], dans son livre Eloge de la lucidité, «…Selon certains gourous, notre vie est le simple reflet de nos pensées. Il suffirait de se débarrasser de ses pensées négatives et de les remplacer par des positives. Or la tentative de supprimer une pensée ne fait que l’intensifier. Les personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs sont celles qui cherchent à tout prix à éviter leurs pensées indésirables…».

Le mythe de la pensée positive repose sur l’idée que l’adoption d’une attitude positive et l’élimination des pensées négatives peuvent conduire à des résultats positifs dans la vie. Bien que penser positivement puisse avoir des avantages, plusieurs idées fausses entourent ce concept. Voici quelques éléments clés à considérer concernant le mythe de la pensée positive :

   – L’idée que la simple pensée positive suffit à surmonter tous les défis de la vie est une simplification excessive. La vie est complexe et il est normal de ressentir une gamme d’émotions, y compris des pensées négatives.

   – Le mythe de la pensée positive peut encourager l’évitement des émotions désagréables plutôt que leur reconnaissance et leur traitement. Les émotions négatives peuvent être utiles pour signaler des problèmes à résoudre ou pour favoriser la croissance personnelle.

   – Cette idéologie peut créer une pression sociale pour afficher une attitude positive, ce qui peut amener certaines personnes à cacher leurs véritables sentiments. Cela peut conduire à un sentiment d’isolement et à une détérioration de la santé mentale.

   – La résilience implique la capacité à faire face à l’adversité et à rebondir, même en présence de pensées négatives. Au lieu de se concentrer uniquement sur le positif, il est important d’accepter et de travailler avec les émotions difficiles car se sont de précieux indicateurs.

   – Une approche plus équilibrée consiste à reconnaître et à accepter à la fois les pensées positives et négatives. L’authenticité émotionnelle est essentielle pour le bien-être.

Une approche pertinente, qui reconnaît les émotions désagréables tout en cherchant à cultiver la positivité, est généralement plus bénéfique. Reconnaître et accepter la complexité de nos émotions et de nos expériences peut nous aider à développer une résilience durable et à naviguer plus efficacement dans les défis de la vie.

Bien que nous ne puissions pas toujours contrôler le contenu de nos pensées, nous pouvons apprendre à les observer, à les évaluer et à choisir comment y réagir. Ce processus demande du temps et de la pratique, mais il peut conduire à une meilleure santé mentale et à une plus grande résilience émotionnelle.

Si vous souhaitez approfondir ce sujet ou explorer des techniques pratiques pour votre équilibre émotionnel, n’hésitez pas à me contacter.


[1] Docteur en psychologie, formé à l’approche de Palo Alto et à la mindfulness (MBSR et MBCT), il a travaillé pendant plus de quinze ans en tant qu’expert et formateur dans le domaine du management. Auteur de divers ouvrages sur les émotions et la psychologie positive, il s’intéresse de près aux interactions entre la science fondamentale et la mise en pratique.